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24 Octobre, 2017       LISBONNE - MAX. Partly sunny and beautifulº, MIN. 03º

 
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Dossiers  |  Camilla Watson
Camilla Watson
Anna Almeida
Camilla Watson
Camilla Watson est une artiste photographe britannique, installée à Lisbonne depuis peu. J’ai découvert son dernier travail exposé sur les murs du Beco das Farinhas à travers une vidéo bluffante, réalisée pour l’émission Nós por Cá. J’ai aussitôt décidé d’en savoir plus et pris contact. Camilla nous accueille dans son atelier à bras ouverts, flattée qu’on s’intéresse à son travail. J’ai l’impression de la connaître depuis toujours. Par écrit ou à l’oral, nous ne communiquerons qu’en portugais, elle insiste.
 
Peu de temps après notre arrivée, Violeta, une voisine prise en photo entre dans son atelier, nous embrasse comme si on faisait partie de la famille et nous raconte son dernier épisode. Des jeunes sont passés dans la ruelle, se sont attardés sur son portrait faisant quelques commentaires sur sa beauté d’autrefois. « Et j’ai 75 ans nous dit-elle fièrement, je suis la vedette du quartier ! »Eclats de rire généraux. La voisine repart, on enchaîne l’interview :

LIL : Vous avez eu du mal à convaincre les personnes âgées de se laisser photographier ?
CW : Ca s’est fait naturellement. J’ai d’abord obtenu l’accord de Sr Carlos. Puis petit à petit, ça a suivi. Une voisine, toujours à la fenêtre, après quelques jours d’indécision me lance : J’ai changé d’avis, je veux ma photo sur la façade ! A la fin, ça a presque créé des jalousies.
Les portraits sont développés directement sur le mur comme par magie, il n’y a pas de papier. Camilla nous explique le procédé, la préparation, le dispositif qu’elle a imaginé, une chambre noire grandeur nature, le projecteur trafiqué, l’œuvre d’une vraie passionnée. Elle nous montre sa collection d’azulejo-portraits, réalisés selon la même technique. Un passant entre dans l’atelier, toujours ouvert, admire les pièces, amusé, puis ressort.
LIL : Les azulejos sont à vendre ? Vous faites boutique aussi ?
CW : On m’a déjà demandé. La porte reste ouverte, les gens entrent, les enfants aussi font les curieux. Peut-être que je pourrai faire fortune dit-elle en rigolant. Mais je ne suis pas attirée par une activité commerciale, je préfère expérimenter de nouvelles choses.
On revient sur son parcours, pour comprendre ce qu’elle fait à Lisbonne.
CW : J’ai travaillé longtemps avec les ONG, en Afrique, et au Brésil plus récemment où j’enseignais. En route pour São Tomé e Príncipe, je me suis arrêtée à Lisbonne pour suivre un cours de Portugais, que je trouve très différent du Brésilien. Après quelques semaines, je n’ai plus eu envie de repartir.
Elle nous montre un portait d’enfant en noir et blanc, pris avec son appareil photo très vintage avec les trois lentilles et le viseur sur le dessus. Puis des photos de rues pavées, un autre travail avec un sténopé. (pinhole camera)
LIL : Magnifique, le résultat est très différent. Vous travaillez beaucoup en noir et blanc ?
CW : Pour vivre, il faut aussi faire du numérique, de la couleur, ce que j’ai fait pendant longtemps. Puis  j’en ai eu marre de travailler sur ordinateur, alors en ce moment  je reviens à une phase plus organique, je mets les mains dedans.
Nous parlons ensuite de ses prochains projets. L’EGEAC et la mairie de Lisbonne se sont montrés très intéressés par son travail. Et comme elle a adoré interviewer les « velhotes » elle prépare un livre qui pourrait même faire partie de l’Arquivo Fotográfico, car il y a peu de témoignages sur la vie du  bairro (oualors dire “du  quartier”). Camilla nous parle aussi de sa participation sur divers projets liés au quartier de la Mouraria, lieu de diversité ethnique et culturelle : des portraits, la valorisation du patrimoine, une nouvelle exposition photo à venir...
 
Très amatrice et un peu embarrassée je tente un « Je peux vous prendre en photo, devant votre atelier ? ». “Bien sûr. Avec Dom Quixote ?” (son chien endormi, très affectueux). Je ne demande pas si elle prévoit de repartir de Lisbonne. Je présume que non, du moins je le souhaite.
 
Pour en savoir plus…
L’atelier : Largo dos Trigueiros (metro Rossio)
L’exposition photo : Beco das Farinhas, juste à côté de l’atelier
Site internet : www.camillawatsonphotography.net


Exposition temporaire “Gentes de Almada” ,Museu da Cidade, Almada jusqu'en octobre 2010
www.museu.cidade@cma.m-almada.pt  Ouvert du mardi au samedi: 10-18H.
Les photos représentent 16 familles qui habitent Almada. Elles soulignent la diversité des populations vivant ce quartier illustrant les vagues d'immigration au cours du dernier siècle.


  
Ces 3 dernières années, en tant que ville touristique, Lisbonne:
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