Logo
20 Octobre, 2018       LISBONNE - MAX. Variable cloudiness, a couple of showers and a thunderstormº, MIN. 16º

 
D L M M J V S
1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31
Dossiers  |  Dans l’atelier de Júlio Pomar
Dans l’atelier de Júlio Pomar
Sophie Enderlin
Dans l’atelier de Júlio Pomar
Dans l’atelier de Júlio Pomar

A Lisbonne, un tram touristique emprunte le parcours du 28 et s’arrête immanquablement au bas d’une petite  rue d’un quartier populaire.  Ses passagers peuvent alors admirer et photographier la façade de l’église qui en ferme la perspective par une accolade baroque. Le tram invariablement  s’arrête et semble ignorer que  cette vue  est obstruée depuis de nombreux mois par les échafaudages et le conteneur à déblais qui ont élu domicile devant le nº7. Là s’ouvrira l’atelier-musée Júlio Pomar et siège de la Fondation du même nom, une information qui devra bientôt être ajoutée dans le guide audio du tram rouge. D’ailleurs si ce véhicule pouvait emmener les visiteurs jusqu’à  l’atelier de  ce grand peintre portugais, c’est encore leur ouïe qui serait interpellée la première :  par le frottement du pinceau sur la toile, le crissement du fusain, le  juron qui y résonne si la main trahit la pensée, ou encore par le craquement du plancher sous les pieds de l’artiste qui s’approche et s’éloigne de son oeuvre comme un oiseau devant  la femelle qu’il convoite.  

Une fois gravies les dernières marches qui mènent sous les combles de cette belle et sobre maison, rescapée du tremblement de terre de 1755, le regard  rencontre enfin les oeuvres en devenir qui y nichent. Júlio Pomar vient les retrouver le matin, quand il est encore tôt et que la rue se réveille au passage du tout premier 28. Un tableau, ou plusieurs à la fois, un assemblage, un poème  - parce que Júlio Pomar manie aussi la plume - commencent  alors de se transformer, possédés par le peintre qui les travaille, les tripote, les triture sans relâche  jusqu’à ce que se revèle et se fixe le produit  de l’alchimie entre l’artiste et son oeuvre.

Il fut un temps où Júlio Pomar mettait au monde une grande fresque en azulejos :  des figures avaient vu le jour au matin et disparaissaient le soir, revenaient ailleurs le lendemain, certaines surgissaient soudainement et semblaient trouver immédiatement leur place, d’autres vivaient quelque temps sous une forme avant de se métamorphoser, dans une sarabande qui dura plusieurs mois avant que Júlio parvint à retenir la joyeuse troupe qu’il avait convoquée. Et s’il est un mot qui surgit en regardant l’oeuvre de Júlio Pomar c’est bien celui-ci : la joie, celle du corps et des sens, comme celle de l’esprit. Il nous offre ainsi depuis plus de 50 ans une oeuvre qui pourrait se résumer par le titre de l’une des ses plus belles expositions : «  Les Joies de Vivre », ou encore dans ses propos lorsque lui a été remis le prix SPA « Obra e Vida»   le 8 février dernier : au public qui l’avait accueilli par une formidable ovation il conseilla  « Gostem... e deixo-vos acabar a frase » (Jouissez de ... à vous de terminer la phrase).

crédit photographique - portrait de Júlio Pomar: Alfredo Cunha, 2002
copyright pour toutes les images: FJP/SPA.

















D. QUIXOTE E OS CARNEIROS (1997)
Collection privée
Acrylique, fusain et  pastel à l’huile sur toile
232 x 349 cm (Quatre éléments)











LA FEMME ET LE CENTAURE (2002)

Fundação Júlio Pomar, Lisboa
Lithographie
   92,5 x 78 cm



















LA BAIGNADE DES ENFANTS DANS LE TUTUARI (1998)
Fundação Júlio Pomar, Lisboa
Lithographie
92,5 x 78 cm














LA CLEF (1999)

Collection privée
Acrylique, fusain et  pastel à l’huile sur toile

195 x 390 cm (Quatre éléments)

  
Selon vous, les loyers à Lisbonne sont...
très élevés
élevés
raisonnables
bon marché
© 2007  LIVINGINLISBON.COM  - Tous droits réservés