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Les musées de Lisbonne
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Les musées de Lisbonne

Les musées de Lisbonne


La qualité et la quantité des collections des Musées dont Lisbonne dispose aujourd'hui est la conséquence d'une série d'événements historiques et sociaux et de la situation géographique du Portugal comme de sa dimension réduite.

Pour le connaisseur étranger, l'ensemble des Musées de Lisbonne peut sembler un peu décevant et en même temps extrêmement enrichissant par son originalité et sa spécificité.

Décevant pour ceux qui, habitués aux Collections qu'offrent d'autres grandes capitales europeéennes, trouveront l'offre des Musées lisboètes pauvre en quantité (à de rares exceptions près) et de valeur artistique moyenne même pour les oeuvres de maîtres mondialement connus.

Enrichissant et fascinant par la spécificité et la richesse de certaines collections uniques au monde liées aux héritages culturels et aux évolutions artistiques portugaises.

Le Portugal, de part sa situation géographique et la dimension réduite du pays n'a pas connu, tout au moins dans les mêmes proportions, le développement de grandes fortunes et donc de mécénats comme dans d'autres villes européennes. Des événements historiques ont également contribué à paupériser le pays et donc ses collections artistiques.

La situation périphérique du pays a depuis toujours rendu difficile ou retardé la transmission et l'influence des grands courants artistiques européens et de ses précurseurs.

La Flandre fait exception à la règle: le Portugal a maintenu des relations commerciales étroites durant les 15ème et 16ème siècles, ce qui explique les influences artistiques flamandes (et indirectement de l'Europe central) sur le territoire continental et sur l'île de Madère.

Durant plusieurs siècles, les œuvres d’art au Portugal ont été essentiellement d’origine religieuse, sculptures ou peintures, et ont enrichi Eglises et Couvents.
Aux 15ème et 16ème siècle, durant l’apogée du Portugal, les œuvres d’art se sont multipliées, symbole du pouvoir à la Cour et dans les milieux religieux.

En ce qui concerne la peinture et la sculpture, et jusqu’à la fin du 17ème siècle, les collections particulières étaient presque inexistantes, la plus grande partie des œuvres d’art nationales appartenant à l’Eglise et la Famille royale.

C’est dans ce contexte peu favorable que deux événements l’un politique, l’autre naturel, sont vénus appauvrir un peu plus la situation des œuvres d’art au Portugal.

Le premier fut bien évidemment le terrible tremblement de terre du 1er novembre 1755 qui a détruit la quasi totalité de la ville de Lisbonne. Au cours de cette catastrophe, une grande partie des oeuvres d’art conservées dans de nombreuses églises et couvents ainsi que dans les Palais de la Noblesse et de la Cour Royale (Paço Real da Ribeira) ont été à jamais détruites.

50 ans plus tard, un événement politique majeur viendra détruire ce que le tremblement de terre avait épargné : Au début du 19ème siècle, les troupes Napoléoniennes envahissent le Portugal. Pour assurer la continuité de la Dynastie portugaise,  la Famille Royale embarque pour le Brésil, échappant ainsi aux armées de Junot. Avec la Famille Royale, suivit toute une série d’œuvres d’Art embarquées à la hâte, et qui furent disséminées sur tout le territoire brésilien de sorte que celles–ci restèrent sur place lors du retour de la Famille Royale et de la Cour en 1822.

Entre-temps, l’envahisseur avait bien sûr pris sa part du trésor dans les oeuvres d’art restées au Portugal.
Soyons cependant réalistes: malgré le tremblement de terre, malgré les invasions françaises, le Portugal ne pouvait pas perdre ce qu’il n’avait jamais eu… et les collections portugaises comparées aux autres Royaumes de l’époque, étaient bien pauvres.
Si richesse il y avait, c’était essentiellement dans les pièces d’apparat (bijoux, argenterie et costumes religieux) dont le Portugal possédait une grande collection, même dilapidée et qui forment aujourd’hui un noyau important des collections de Musées portugais à la grande surprise des visiteurs d’aujourd’hui.


C’est, de fait, durant le 17ème siècle et grâce à la richesse minérale du Brésil que les arts appliqués ont connu leur apogée au Portugal. Avec le couronnement de D.João V « le magnifique », les vents faustiens et l’absolutisme Royal qui soufflaient de Versailles sont arrivés au Portugal. Un luxe sans précédent se développe à la gloire du souverain et de son règne.
Les costumes en or et argent de style Rococo se couvrent de pierres précieuses, les meubles de fines et délicates incrustations, les bijoux deviennent somptueux comme jamais.

Avec l’Ecole de Mafra (immense Palais-monastère construit par D.João V), débute la période dorée de la sculpture au Portugal.
De cette époque, il nous est resté un ensemble de pièces à caractère religieux d’une richesse et d’une exécution exceptionnelles et que l’on peut admirer au Musée d’Art Sacré ou au Musée National d’Art Ancien à Lisbonne.

Le visiteur de Musées lisboètes s’apercevra très vite que les œuvres nationales sont toujours d’inspiration religieuse, de notre Sainte Mère l’Eglise et de sa glorification.  Jusqu’à la fin du 17ème siècle, l’art, hors de ce contexte, n’a que peu d’expression.

Il n’est donc pas étrange que la Collection que l’on peut admirer dans le premier grand Musée dédié aux Beaux-Arts provient essentiellement de la spoliation de Couvents et Monastères réalisée par l’Etat après l’extinction des Ordres religieux en 1834.

Durant de nombreuses années, cette collection a été abandonnée, entreposée dans le Couvent de São Francisco aujourd’hui Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Lisbonne.

Ce n’est qu’en 1882, grâce à l’influence du Roi D.Luiz I, qu’une grande partie de cette collection fut exposée lors de la réalisation de l’Exposition Rétrospective de l’Art Ornemental Portugais et Espagnol. Une partie de cette collection fut exposée au Public dans un Palais loué par l’Etat à la famille Alvor-Pombal. Le Palais sera plus tard acquis par le gouvernement et relié au Couvent des Albertas formant aujourd’hui le bien connu Musée Nacional d’Art Ancien.
Cette collection s'est enrichie au long des années par des acquisitions provenant d’achats ou de donations de particuliers.

C’est en 1867 que ce même roi D.Luiz inaugurera dans le Palais Royal de Ajuda une galerie destinée à montrer au Public une partie des Collections Royales. Cependant, son existence sera de courte durée et la galerie fermera en 1876.

Après plus de 100 ans, en 1988, celle-ci rouvrira au Public avec le nom de Galerie de Peinture du Roi D.Luiz, cette fois-ci destinée aux expositions temporaires sur l’histoire de l’Art.

Seuls deux autres musées ouvriront leurs portes au public à Lisbonne au cours du 19ème siècle : Le Musée Militaire et le Musée d’Art Sacré.
Plus tard (1905) et grâce à l’influence directe de la dernière reine du Portugal, Dona Amélia d’Orléans et de Bragança, sera inauguré le magnifique musée des Carrosses.

Ce n’est qu’après l’avènement de la République que seront inaugurés deux autres pôles muséologiques formés à partir de Collections Royales.


A partir de 1910, le patrimoine artistique de la Famille Royale a intégré les collections des Musées du pays. De fait, les collections royales ont été largement enrichies (à partir de la 2ème moitié du 19ème siècle) grâce à deux monarques d’origine étrangère : le premier, D. Fernando de Saxe-Coburgo Gotha, d’origine Rhénane, et qui fut le Prince Consort de Dª Maria II. Surnommé le Roi Artiste, et possèdant lui-même un certain talent, D. Fernando, a été un fervent défenseur et financeur des arts.
C’est à lui que l’on doit l’introduction au Portugal du goût pour le bric à brac,  manière extravagante de remplir les espaces traduisant ainsi l’expression du Romantisme qui sévissait à l’époque dans toute l’Europe.


Un nombre incalculable d’objets d’art acquis par D.Fernando peuvent être admirés dans les différents musées de Lisbonne et au palais National de Ajuda.
L’autre monarque qui a contribué à l’enrichissement des Collections Royales fut la Reine Maria Pia, fille de Victor Emmanuel de Savoie, qui deviendra plus tard Roi d’Italie. Amante de Faust et de l’exotisme, Dª Maria Pia fut à l’origine de la restauration intérieure du Palais de Ajuda et c’est donc à elle que l’on doit la décoration du Palais-Musée que peuvent admirer les visiteurs d’aujourd’hui.

Au cours du 20ème siècle, plusieurs collections sont venues enrichir les musées lisboètes. De telle sorte qu’aujourd’hui, celles-ci couvrent pratiquement tous les domaines du spectre culturel : Peinture, Sculpture, Photographie, Art Sacré, Equipement militaire, Marionnettes, Azulejos (céramiques), Carosses, Eau, Electricité…etc. Musées nationaux ou municipaux, monuments religieux ou civils, églises, couvents et monastères, autant de lieux où sont representés l’Histoire et la culture portugaise. A ceux-ci, il faut encore ajouter les Maisons-musées crées à partir de petites (ou non) collections privées, permettant en outre au visiteur d’admirer des objets d’art dans leur contexte historique et chez leurs propriétaires.

Ce dossier ne prétend certes pas faire un recensement exhaustif de tous les musées de Lisbonne, mais on ne peut pas parler de l’histoire des collections d’œuvres d’art au Portugal (et donc de ses Musées) sans évoquer Calouste Gulbenkian.
Arménien richissime, lié au négoce du Pétrole, Calouste Gulbenkian a passé les dernières années de sa vie à Lisbonne. A sa mort, une Fondation regroupant la fabuleuse collection d’œuvres d’arts du magnat fut créée ainsi qu’un Musée qui est aujourd’hui un ex-libris culturel de Lisbonne, connu et reconnu dans le monde entier.

Bien qu’à l’origine une Collection particulière, le Musée Calouste Gulbenkian regroupe aujourd’hui environ 6000 pièces (hors temporaires), qui présentent la particularité d’être pour la plupart d’entre elles, des oeuvres de premier plan.
Calouste Gulbenkian était un homme cultivé et fin connaisseur des beaux arts si bien que celui-ci a acquis dans tout le spectre culturel des oeuvres d’une qualité exceptionnelle : sculptures, pièces de monnaie, peintures, bijoux, mobilier, etc…et il faut bien reconnaître que le Musée Gulbenkian est un lieu incontournable pour le visiteur étranger et bien évidemment portugais.

C’est également dans les superbes jardins de la Fondation qu’on pourra visiter le Musée d’Art Moderne Azeredo Perdigão qui possède une collection couvrant l’art portugais du 20ème siècle, ainsi qu’un espace dédié à des expositions contemporaines.

Ce n’est que depuis cette année que le Portugal peut enfin s’enorgueillir de posséder un Musée D’Art Moderne International pouvant rivaliser avec ses congénères étrangers : Le Musée, situé dans le Centre Culturel de Belém accueille une partie de la grande collection d’art comtemporain du Comendador Joe Berardo. Cette collection notable, bien que constituée essentiellement en fonction du goût personnel du collectionneur, englobe des oeuvres d’art des plus importants artistes du 20ème siècle : Warhol, Stella, Balthus, Klein, Dali, Paula Rêgo, Picabia, Duchamp, Picasso, etc., . Un musée qui mérite plus qu’un détour.
 
D’autres musées présentent un interêt particulier en ce sens qu’ils sont uniques car d’essence et de création portugaises et pourront surprendre et intéresser les visiteurs étrangers: Entre plusieurs options, nous voulons parler du Musée de l’Azulejo, du Musée du Fado et du Musée des Costumes.

Des trois, il convient de distinguer le Musée de l’Azulejo: Après avoir déambulé dans les rues de Lisbonne et admiré les façades des ses maisons et de ses immeubles, le visiteur voudra certainement se familiariser avec cet art typiquement méditérannéen et dans le contexte de ce Musée, tant portugais.

En parcourant les différentes sections du Musée, le visiteur apprendra les origines de l'Azulejo, les différentes techniques de fabrication de la céramique et l’évolution artistique de l’azulejo au long des siècles.
Intégré dans ce qui fut l’ancien Couvent Madre de Deus, le Musée de l’Azulejo se déploie dans un espace architectonique de grande qualité avec entre autres une magnifique Chapelle.

D’un point de vue architectural, on n'oubliera pas non plus de visiter le Monastère des Jéronimos (construction comtemporaine du Couvent Madre de Deus), dont le cloître à la fois imposant et harmonieux est considéré par beaucoup d’historiens comme l’un des plus beaux du monde.

Il nous paraît important de mentionner que la plupart des Musées de Lisbonne sont situés dans de magnifiques jardins dans lesquels une méditation sera toujours des plus réparatrices.

Une bonne partie d’entre eux possède également un endroit pour se restaurer et des magasins liés au Musée dans lesquels on pourra trouver des livres ou des reproductions de grande qualité.

Nous sommes convaincus que le visiteur curieux trouvera donc à Lisbonne de quoi enrichir sa culture et en même temps se divertir.

Attention: Presque tous les Musées sont fermés le Lundi à Lisbonne.

Voir la Liste de Musées de Lisbonne


  
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